Le nucléaire en Suisse

Dans notre pays, cinq centrales nucléaires participent à la production de notre électricité. Leur données techniques et statistiques sont les suivantes :

  type de réacteur refroidissement début d'activité autorisation d'exploitation puissance nette MWe production nette GWh
Beznau I eau pressurisée eau de rivière 1969 non limité 365 2'683
Beznau II eau pressurisée eau de rivière 1972 non limité 365 2'770
Muhleberg eau bouillante eau de rivière 1972 non limité 373 2'993
Gosgen eau pressurisée tour de refroidissement 1979 non limité 985 8'015
Leibstadt eau bouillante tour de refroidissement 1984 non limité 1'190 7'884
source : OFEN, valeurs 2012 électricité nucleaire totale 3'278 24'345

Il faut considérer la production nucléaire d'électricité par rapport à tous les agents énergétiques:

La part de l'électricité nucléaire en Suisse

L'électricité nucléaire ne représente que 9 % de toute la consommation d'énergie.
Il devrait donc bien être possible de se passer de cette énergie dangereuse !

Historique du nucléaire en Suisse

1946
Le conseil fédéral décide de construire une bombe atomique
Archives fédérales, février 1946 :« La SKA est chargée de construire une bombe suisse ou d’autres moyens militaires basés sur le principe de l’arme atomique. Il faut essayer de les développer à l’aide de ressources et matières premières suisses. Il faut examiner l’utilisation de ces moyens militaires sous différentes formes, à savoir : a. des bombes d’uranium comme moyens de destruction comme des mines, à des fins défensives ou pour des sabotages actifs ; b. des bombes d’uranium comme obus d’artillerie ; c. des bombes d’uranium comme bombe d’avion»
1957
Le référendum Energie nucléaire et radioprotection est accepté
1960
Construction d'un réacteur Suisse à Lucens pour produire du plutonium pour la bombe nucléaire Suisse
1968
premières démarches pour une centrale nucléaire à Verbois
1969
Démarrage de la centrale nucléaire Beznau I
1969
Accident dans la centrale nucléaire de Lucens et arrêt définitif
La confédération délivre une autorisation de site pour une nouvelle centrale nucléaire à Kaiseraugst, ce qui déclenche une contestation sans précédent jusqu'à l'abandon de projet en 1988
1972
Démarrage de la centrale nucléaire de Beznau II
1972
Démarrage de la centrale nucléaire de Mühleberg
1972
Fondation de la Nagra (société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs)
1975
La construction de la centrale nucléaire de Kaiseraugst est interrompue par une opposition populaire massive.
1979
Démarrage de la centrale nucléaire de Gösgen
1982
La Suisse cesse enfin d'immerger ses déchets radioactifs dans l’Atlantique Nord, suite à l'interdiction par la convention OSPAR
1984
Démarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt
1985
«Projet garantie». Ce projet stipulait qu’«avant la fin de 1985 un projet doit être soumis, donnant une garantie pour le traitement et le stockage sûrs (…) des déchets radioactifs». Il indiquait que si «aucune garantie n’est donnée pour le traitement des déchets» dans les délais impartis, toutes les installations nucléaires devaient «éventuellement cesser leurs activités, voire même être fermées».
1988
Abandon des projets de centrale nucléaire à Kaiseraugst, Graben et Verbois
1988
«Projet garantie». Reconnaissance par le Conseil fédéral de la faisabilité et de la démonstration de la sûreté de l'évacuation finale des déchets de faible et moyenne activité, ouvrant ainsi la voie de la poursuite du nucléaire.
1989
Début des travaux d'investigation de la Nagra au Mont Terri
1990
Rejet de l'initiative pour Sortir du Nucléaire
Acceptation d’un moratoire de 10 ans sur l'autorisation de nouvelles centrales nucléaires
1995
Le canton de Nidwald refuse en votation populaire le stockage de déchets radioactifs au Wellenberg
2000
Trois initiatives sont rejetées en votation:
- Introduction d'un centime solaire
- Redevance pour l'encouragement des énergies renouvelables (contre-projet)
- Redevance sur l'énergie en faveur de l'environnement
2001
Rejet de l'initiative Taxer l'énergie et non le travail
Mise en exploitation du centre de stockage intermédiaire de Würenlingen
2002
Le canton de Nidwald refuse à nouveau le stockage de déchets au Wellenberg
2003
Rejets des initiatives Sortir du Nucléaire et Moratoire plus
2003
La nouvelle loi sur l'énergie nucléaire supprime le droit de véto cantonal aux projets d'entreposage de déchets radioactifs
2007
Le Conseil Fédéral décide le remplacement des actuelles centrales et le développement des centrales à gaz.
2008
Atel dépose une demande d’autorisation générale pour une nouvelle centrale nucléaire au Niederamt
2010
Des demandes d'autorisations générales sont déposées pour de nouvelles centrales nucléaires à Mühleberg, Beznau et Niederamt. Les promoteurs justifient des nouvelles centrales "pour éviter la pénurie d'électricité qui menace".
2011
13 février: Le canton de Nidwald refuse une nouvelle fois le stockage de déchets au Wellenberg
En votation consultative, le canton de Berne accepte le principe d'une nouvelle centrale nucléaire à Mühleberg Un mois plus tard: La catastrophe de Fukushima déclenche en Suisse une évolution remarquable de l'attitude politique envers l'énergie nucléaire: Le Conseil Fédéral annonce sa décision de sortir du nucléaire. Le parlement confirme cette décision.
2012
Le Conseil Fédéral met en consultation sa "Stratégie énergétique 2050".
2013
Les organisations anti-nucléaires, dont Sortir du Nucléaire, déposent leur initiative "Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire".
FMB-BKW annoncent la fermeture de la centrale de Mühleberg pour 2019!
2014
L'initiative du canton Berne pour débrancher Mühleberg immédiatement est refusée
2014
Des comprimés d'iode sont distribués à la population vivant dans un rayon de 50 km autour des centrales nucléaires pour empêcher l’accumulation d’iode dans la glande thyroïde en cas d’accident grave dans une centrale nucléaire.
2014
Le Conseil National décide de prolonger l'exploitation des centrales nucléaires de Beznau à 60 ans maximum, Gösgen et Leibstadt devront prouver leur bon état tous les 10 ans (sans limite)
2015
Les centrales hydrauliques devront être subventionnées, les prix de l'électricité s'étant effondré à cause de la surproduction en Europe. La pénurie d'électricité annoncée il n'y a que 5 ans n'a donc pas lieu!
2015
La Nagra propose un examen approfondi des régions de Jura-est et de Zurich nord-est en tant que domaines d’implantation pour dépôts en couches géologiques profondes
2016
Votation fédérale sur l'initiative Sortir du nucléaire limitant la durée d'exploitation de chaque réacteur nucléaire à 45 ans avec une cessation du dernier réacteur en 2029 : rejetée (54 %).
2017
Votation fédérale sur la Stratégie énergétique 2050 : il n'y aura plus de nouvelle centrale construite en Suisse ! acceptée à 58 %

Le nucléaire dans le monde

Le nombre de réacteurs nucléaires dans le monde

(avril 2014)

Le nombre de reacteurs nucleaires dans le monde
Source: eia

Remarque concernant le Japon :
En mars 2014, trois années après la catastrophe de Fukushima, il n'y avait plus aucun réacteur en opération. Ils apparaissent pourtant toujours dans cette statistique, parce qu'ils ne sont pas encore arrêtés définitivement

Y-a-t'il vraiment une renaissance du nucléaire ?

Y-a-t'il vraiment une renaissance du nucleaire ?
Source: eia; Graphique: SdN

Durant les 20 années de 1992 à 2011 :

  • La production mondiale d'électricité a augmenté de 81 % (de 11'624 à 21'080 TWh / an)
  • La production mondiale nucléaire a augmenté que de 25 % (de 2'015 à 2'517 TWh / an)
  • La part du nucléaire a donc baissé de 17.3% à 11.9 %

Historique du nucléaire dans le monde

1939
Otto Hahn et Lisa Meitner mettent à jour la fission de l’uranium
Frédéric Joliot-Curie met en évidence la réaction en chaîne
1942
Les USA lancent le projet Manhattan pour construire la bombe atomique
1942
Enrico Fermi construit la première pile atomique, qui produit le plutonium pour les bombes atomiques
1945
16 juillet : USA Explosion de la première bombe atomique dans le désert du Nouveau-Mexique. Elle est nommée « Gadget », constituée de Plutonium.
1945
6 août : Japon La bombe atomique, nommée »Little Boy » et constituée d’Uranium 235, est lâchée sur Hiroshima, tuant environ 100'000 personnes.
1945
9 août : La bombe atomique nommée « Fat Man » et constituée de Plutonium est lâchée sur Nagasaki, tuant environ 70'000 personnes.
1949
L’URSS fait exploser sa première bombe atomique.
1952
Les USA testent la première bombe H ( thermonucléaire), nommée « Mike ». Elle est 1000 fois plus puissante que « Little Boy » et fait disparaître tout l’îlot de l’atoll Eniwetok.
1954
Les USA lancent leur premier sous-marin nucléaire, nommé « Nautilus » .
1954
L’URSS met en service la première centrale électrique nucléaire
1957
Le Royaume-Uni teste sa première bombe atomique
1957
Grave incident nucléaire en Russie (Kyshtym) de niveau 6, tenu secrète pendant 30 ans.
1957
Grave accident de niveau 5 au Royaume-Uni (Winscale)
1960
La France teste sa première bombe atomique en Algérie
1963
EDF produit pour la première fois de l’électricité nucléaire
1979
Accident nucléaire grave aux USA (Three Mile Island)
1986
Accident nucléaire grave aux URSS (Tchernobyl). 15'000 personnes mourront dans les mois qui suivent, toute l’Europe est contaminée.
1997
Traité international d’interdiction complète des essais nucléaires
1998
Tests de bombes nucléaires de l’Inde et du Pakistan

Fonctionnement d’une centrale

Dans le réacteur à eau bouillante, l'eau circulant dans le cœur du réacteur est amenée à ébullition et se transforme en vapeur, qui alimente directement la turbine de la centrale; cette turbine est couplée à un alternateur, qui convertit l'énergie mécanique en énergie électrique.

Principe de fonctionnement du réacteur à eau bouillante

Dans le réacteur à eau sous pression, l'eau est maintenue à une pression telle que, malgré la haute température, elle ne peut bouillir. Dans un échangeur de chaleur, qu'on appelle aussi générateur de vapeur, la chaleur est transmise à un deuxième circuit d'eau où de la vapeur se forme. C'est cette vapeur qui va actionner la turbine, comme dans un réacteur à eau bouillante.

Principe de fonctionnement du réacteur à eau sous pression

Dans les deux types de réacteurs, la vapeur, au sortir de la turbine, est acheminée dans un condenseur où elle se condense pour former de l'eau. Du condenseur, l'eau est pompée dans le réacteur ou dans l'échangeur de chaleur.

  1. Cœur du réacteur
  2. Turbine à vapeur
  3. Alternateur
  4. Générateur de vapeur
  5. Condenseur
  6. Pompe

Centrales nucléaires et refroidissement

Pour des raisons inhérentes à la physique même, toutes les usines électriques thermiques – qu'elles soient exploitées au mazout, au charbon, au gaz ou encore grâce à l'énergie nucléaire – ne peuvent convertir en électricité qu'environ un tiers de la chaleur produite. La chaleur résiduelle doit être évacuée soit dans des cours d'eau, soit au moyen de tours de refroidissement.

Tout en actionnant la turbine, la vapeur, bien que se refroidissant, n'en contient pas moins encore beaucoup de chaleur. Après avoir passé les paliers successifs de la turbine, elle est acheminée dans le condenseur où elle se refroidit toujours plus pour finir par se condenser. L'eau résultant de cette condensation est réutilisée pour la production de vapeur. Le refroidissement de la vapeur dans le condenseur est assuré par circulation d'eau froid qui, ce faisant, se réchauffe. Si cette eau de refroidissement est prélevée d'une rivière à laquelle elle est ensuite restituée, la température de ce cours d'eau subit alors un très léger relèvement. Cette manière de produire du froid dans le condenseur s'appelle refroidissement direct par eau de rivière,

Centrale nucléaire à refroidissement direct par eau de rivière

Pour les sites de centrales qui ne disposent pas d'assez d'eau de refroidissement ou lorsque, vu sa qualité insuffisante, on se voit dans l'obligation de renoncer au refroidissement direct par eau de rivière, la solution mieux appropriée est alors le refroidissement en circuit indirect autonome.

Centrale nucléaire à refroidissement en circuit indirect autonome

Ce système achemine l'eau de refroidissement, réchauffée au passage à travers le condenseur, dans une tour de refroidissement où sa température est abaissée, pour la repomper ensuite en tant qu’eau froide dans le condenseur. Une petite partie de l'eau du circuit s'évapore et est rejetée dans l'atmosphère sous forme de vapeur d'eau pure. Cette quantité d'eau doit être compensée par prélèvement dans une rivière.

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